La CNRACL, un acteur central dans la retraite des fonctionnaires hospitaliers et territoriaux, traverse une crise sans précédent. Ce déficit, souvent simplifié comme une conséquence démographique, est en réalité aggravé par des décisions politiques qui impactent lourdement son fonctionnement.
Une précarisation croissante de l’emploi public
Depuis 2005, la fonction publique est sous pression. La loi de transformation de la fonction publique de 2019 a permis aux employeurs publics de remplacer des emplois statutaires par des agents contractuels. Entre 2016 et 2022, le taux d’emplois contractuels est passé de 17 % à 22 %. Ces choix ont privé la CNRACL de recettes importantes, car les contractuels ne cotisent pas au même régime. Cette précarité croissante affecte non seulement la sécurité des employés, mais aussi la santé financière de la caisse.

Des services publics sous-financés
Les employeurs de la fonction publique, qu'il s'agisse des hôpitaux ou des collectivités locales, peinent à maintenir un niveau de financement adéquat. La perte des financements locaux, couplée à l'augmentation des charges transférées depuis l’État, pousse les établissements publics à rechercher des économies. Cela se traduit par des recrutements massifs de contractuels, qui coûtent moins cher à court terme mais fragilisent la pérennité de la CNRACL.
Le gel salarial : une politique coûteuse pour les retraites
Le gel du point d'indice des salaires des fonctionnaires a privé la caisse d’un milliard d’euros de recettes annuelles. Les décisions répétées de gel affaiblissent non seulement le pouvoir d'achat des fonctionnaires, mais aussi la capacité de financement des régimes de retraite.
L’endettement de la CNRACL : une spirale alarmante
Depuis 2018, la CNRACL emprunte chaque année pour verser les pensions. Avec des taux d'intérêt en hausse, la dette de la caisse pourrait dépasser les cotisations d'ici 2027. Cette dépendance à l’emprunt est une bombe à retardement qui pourrait menacer l’avenir des pensions.

Les solutions proposées par la CGT
Pour répondre à cette crise, la CGT préconise des réformes ambitieuses :
- Titularisation des agents contractuels : réduire la précarité et renforcer la base de cotisation de la CNRACL.
- Financement renforcé des services publics : augmenter les dotations et réinstaurer une fiscalité locale adaptée.
- Revalorisation des pensions : intégrer les primes dans le calcul des retraites et reconnaître la pénibilité des métiers avec des départs anticipés.
Investir dans la CNRACL pour préserver la fonction publique
La crise actuelle n’est pas une fatalité. Avec des choix politiques responsables et une volonté de renforcer les services publics, il est possible de redresser la situation de la CNRACL.
La CGT continue de se battre pour un système de retraite solidaire et durable.

